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Nuawa
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En -68 P.A, les anciens Terriens débarquaient sur la nouvelle Terra après des siècles d'errance dans l'espace. De cet événement s'est organisé, avec le temps, un nouvel ordre galactiques. Un exode, des tensions, l'évolution et l'indépendance. Ainsi se sont tissées les relations entre les planètes Terra, Luna, Antiopée et Dust. Comment apposerez vous votre marque dans cet univers prêt à changer du tout au tout ?La galaxie est pleine de mystères. Terra, Luna, Antiopée ou Dust, chaque planète éveille la curiosité des explorateurs prêts à tout pour marquer l'Histoire et percer les secrets de l'univers. Alors que la stabilité présumée entre les factions est mise à l'épreuve par l'arrivée d'un peuple inconnu, quelle aventure tenterez-vous de vivre ? Face à l'immensité de l'univers, les Hommes se prennent à rêver d'exploration. Terrians, Lunariens, Antiopéens et Dustiens, chaque peuples aspirent à en percer les secrets. Dans cette galaxie aux possibilités infinies, chaque individu peut changer le cours de l'histoire et voir sa vie prendre des airs de récits d'aventures. Dans de monde ouvert aux occasions multiples, qui serez-vous ?
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    Du sang et du temps - ft. Nuawa Misra-Valaersen

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    Du sang et du temps
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    Trois jours qu'elle était sur Antiopée, trois jours d'acclimatation. Un corps qui n'est pas habitué à cette chaleur humide qui vous écrase les poumons et vous colle un frisson dans la nuque. Trois jours également qu'elle recherchait du café, du bon café – selon ses critères –. Si sa mère et sa grand-mère lui avait offert à coup de repas antiopéen un palais délicat, elle n'en restait pas moins accro à cette surconsommation de Terra. Le tout instantané qui a le goût du plastique et de la pollution, la crasse du réservoir qui lui colle à la peau, elle l'aime avec ces bouches d'aération qui vous souffle dans les pieds, les magasins qui sortent leurs ordures dans les ruelles de leur commerce et ces buildings qui vous cache le soleil.
    Antiopée n'était rien de tout ça. Un poumon dont elle rejette l'air et qui respire avec difficulté – mais qui respire tout de même –. En revanche l'absence de caféine dans ses veines étaient une torture pour ces nerfs et son mental prêt à lâcher. Ce matin en mission dans les locaux de l'enclave elle avait vu un distributeur qui vendait exactement la même marque terrianne que le commissariat prenait.
    Si elle n'avait pas eu Yar'Aulakh sur les talons, Yesenia ne serait pas fait prier pour dévaliser le distributeur en plein pendant l'enquête, mais ce n'était pas le cas. Alors elle était revenue le soir, peu de temps avant la fermeture officielle du complexe, utilisant de son badge de flic pour entrer.

    Pour faire d'une pierre deux coups, le lieutenant étranger avait tapé à deux portes de chirugiens de l'enclave. Elle désirait faire examiner sa prothèse qui lui semblait étrange depuis son arrivée – peut-être à cause du voyage spatial ou bien des conditions de la nouvelle planète –. Après tout, Élias c'était saigné aux quatre veines pour lui payer sa prothèse et ne pas la laisser avec un moignon. Ce n'était pas la meilleur qui existait sur le marché, mais c'était la plus cher parmi le choix offert dans le réservoir.
    Quoi qu'il en soit les deux premiers chirurgiens dont elle avait toqué à leur porte l'avait gentillement éconduite pour des raisons raciales. Le conflit qui faisait rage entre les deux nations avaient cessé depuis fort longtemps. Et être coupable des crimes de ses pairs – inconnus et mort depuis belle lurette – lui courrait sur le haricot.
    Parfois elle se souvient plus jeune des regards et des messes basses que pouvait dire des gens sur sa mère – et elle par la même occasion – union d'une mixité raciale qui semblait être contre-nature. Elle s'en fichait des on dit, surtout ceux de Terra. Mais, ceux qui provenait d'Antiopée lui pinçait le cœur, comme si une partie de son sang la reniée.
    Elle avait fini par déambuler dans le couloir, les mains chargées de canettes de café auto-chauffante pestant en antiopéen et terrian. Il y avait de jolis non d'oiseaux, mais aussi de bouc odorant.
    Les portes défilaient en file indienne comme des enfants qui marchent deux par deux en rang. Généralement à côté de chacune des portes se trouvait une fenêtre offrant un visuel sur le domaine d'expertise de chacun. On y voyait tout, mais on n'y comprenait rien – surtout pour une néophyte comme Yesenia en science et ingénierie –. Certaines des portes étaient fermés, d'autre ouverte plus ou moins grande. Il y avait des stores tirés parfois aux fenêtres et d'autres où il faisait totalement noir, vidé par ses occupants.
    Devant l'une de ces portes, du coin de l’œil, elle apercevait une des silhouettes qu'elle avait interrogée ce matin-là. Son nom ne lui revenait pas totalement, mais alors qu'elle continuait sa marche, elle se souvenait que la femme en question était une chirurgienne, peut-être pouvait-elle l'aider.
    Elle faisait machine arrière – sans se retourner – et frappa à sa porte. La tête dans l'encadrement, elle essayait de se faire remarquer discrètement sans que son paquetage de café ne se fasse la malle.
    « — Docteur Valarse c'est bien ça ? – le nom du docteur était écorché sans s'en rendre compte – Est-ce que je peux vous déranger un instant ? »
    D'un coup d'épaule, elle poussait un peu plus la porte, sans pour autant l'ouvrir totalement. Dernier espoir doux de ne pas entendre un propos xénophobe dans ce monde qui lui tient à cœur, avec un prompt renvoi chez elle.
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    Cela commençait à se vérifier. Que Nuawa ne passait pas autant de temps à l'Enclave que depuis qu'elle en était partie. Et il fallait bien l'admettre, puisqu'il n'y a que les imbéciles qui ne changent jamais d'avis, la jeune femme avait bien réfléchi depuis l'interrogatoire du matin. Debout dans ce qui était son bureau et son atelier - et qui n'avait pas encore été réattribué malgré le manque de locaux pour le nombre de scientifiques dans le coin - la chirurgienne faisait les cent pas. "En même temps, c'est moi qui ai choisi." Elle parlait seule, à voix haute. Elle le faisait souvent, pour mieux suivre le cours de ses pensées. "Non mais c'est vrai." Elle argumentait contre elle-même. " Je suis sûre que j'aurais pu avoir un mi-temps. L'argent du beurre et le cul de la crémière." Et la voilà qui gloussait de sa propre expression. On l'aurait vue faire, on l'aurait crue folle. Elle s'arrêta soudain au beau milieu de la pièce pour s'appuyer contre la table de travail où elle fabriquait ses petits gadgets. Rien n'avait bougé depuis son départ.

    Soupir.

    Nuawa secoua la tête, les bras croisés. " Volonté, zéro. " Elle sortit son communicateur, prête à envoyer un message à son père. Puis le posa finalement sur la table, et recommença à faire les cent pas. Si elle convenait d'un accord de ce genre avec les gens de l'Enclave, elle voyait déjà le sourire rassuré et trop heureux de son père. Elle l'entendait déjà lui dire qu'elle revenait enfin à la raison. Au bout de quelques jours seulement. "Mais merde !" Nuawa avait sa petite fierté. Prendre une décision de ce genre, ce n'est pas pour revenir dessus. Et la voilà qui arpentait encore cette pièce qu'elle connaissait si bien, encore et encore, dans un sens puis dans l'autre. Elle sortit même Emile de son sac pour le balancer sur la table de travail à côté de ses autres projets. Des prothèses que les apprentis devaient analyser. Pour la classe de reverse engineering. Un domaine dans lequel Nuawa avait toujours excellé, faute de parvenir à se faire aux méthodes froides d'apprentissage par coeur des lunariens.

    "JE FAIS QUOI, MERDE !" S'exclama-t-elle de sa voix qui portait soudain, avant d'entendre quelqu'un qui frappait à la porte. Sans doute Martha dont le bureau était adjacent au sien, qui devait s'étonner de l'entendre encore râler ici. Elle était habituée à ses diatribes et autres frustrations bien vocales mais ne la savait pas de retour. "JE SUIS PAS DE RETOUR, BORDEL." Mais elle s'avança tout de même vers la porte et termina de l'ouvrir en grand, d'un geste vif.

    "Valaersen. Misra-Valaersen, vous pouvez dire Misra si c'est plus simple. C'est comme vous voulez. Nuawa, même." Elle n'avait jamais été très regardante l'Antiopéenne. Ses noms, même si elle y tenait et se présentait toujours avec les deux, n'étaient représentatifs selon elle que d'une partie de ce qu'elle était. Un mélange et de nombreux ajouts personnels. Bien contente d'être sortie de sa réflexion perturbée, elle arborait un grand sourire et la vivacité de son ton ne trahissait que sa bonne humeur. "Bien sûr ! Entrez ! Installez vous j'ai des fauteuils …" Elle s'interrompit alors qu'elle tentait d'en désigner un. Ca, pour le coup, n'était pas resté suite à son départ. Son bureau habituellement bourré de fauteuils de couleurs et formes diverses était désespérément vide en la matière. Une simple chaise roulante trônait au milieu de la pièce en plus, bien sûr, de son fauteuil personnel. "Une chaise, du coup." Termina-t-elle en désignant ladite chaise à roulettes. Elle même s'installa sur son bureau, appuyée contre le bord. " Vous parlez super bien l'Antiopéen, si j'peux me permettre. J'imagine que c'est pour ça qu'on vous a envoyée ici ?" Demanda-t-elle parce qu'elle ne savait pas passer plus de deux secondes dans le silence. "Qu'est-ce que je peux faire pour vous ?"
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    Cette composition de prénoms et de noms indiqué quelques chose d'étranges, mais elle n'arrivait pas à en comprendre la raison. Les détails des vies des Antiopéens étaient encore quelque chose de confus, et passé sous silence par l'enseignement de sa grand-mère maternelle. Ce n'est que plus tard, qu'elle se souviendrait d'une information qui éclaireront la raison de tout ceci. La scientifique avait indiqué un lunarien comme son père, elle était aussi un enfant issu de la mixité, comme Martha – la mère de Yesenia –, et ses enfants seront comme la flic. Un héritage qui se gomme de génération en génération.
    « — Valaersen. J'ai l'habitude d'appeler les gens par leurs noms de famille. Habitude terrane.  Yesenia n'utilisait que les prénoms ou un surnom lorsque les gens étaient proche d'elle. »
    Sans parler du fait qu'il y avait parfois des sonorités plus attrayante à la langue en prononçant un nom de famille issu de dizaines de générations qu'un prénom, parfois fadement choisi par des parents.
    La porte ouverte le lieutenant s’engouffrait dans la pièce qui pleine d'objet semblait être vide de vie. Un bureau qui ressemble à ceux de papier glacé, beau et parfait – tellement que l'on a peur d'y vivre pleinement et quotidiennement, de lui donner vie –.

    Elle retenait du menton une canette qui essayait de se faire la malle de son package branlant. On lui présentait une chaise à roulette simplement disposé devant un bureau. D'un geste du pied, elle reculait l'assise pour se glisser dans l'interstice. Yesenia s'asseyait les bras plein.
    D'un mouvement de la tête elle suivait son interlocutrice s'installer sur le bord du bureau.
    « — L'antiopéen c'est une histoire de famille. interdiction de parler de le terrane à la maison sous peine de parler à un sourd. Mais ouais c'est en partie ma raison ici. »
    La flic gardait le silence sur son comportement – plus que – discutable au sein des autorités terriannes. L'envoyer à Antiopée avait était une façon de se débarrasser d'elle pendant le temps de l'échange. Des vacances forcées et l'espoir de lui mettre du plomb dans la tête.
    Sans garanti de succès. Yesenia était un esprit sauvage guidé par ses valeurs et ses idéologies de liberté et de justice.
    Elle remuait sur sa chaise et chercha d'un regard où elle pouvait déposer ses canettes de café. Le bureau n'était pas débordant de dossier ou d'objet, et il y avait de la place. S'avançant sur le rebord de la chaise, elle se penchait et laisser le tout se dérouler sur la surface place. Elle déposait la totalité des canettes droites et alignée comme dans un rayon.

    Tout en ordre, elle s'en offrait une. La languette décapsulé avec ce petit bruit caractéristique, le café se répandait dans l'eau et le système chauffant se mettait en marche. Il suffisait d'attendre que les circuits soient chaud pour commencer à boire le breuvage.
    « — A vrai dire vous êtes un peu mon dernier espoir. ses yeux s'abaissaient sur ses mains. Vos confrères n'ont pas dénier bon de passer outre ma race pour une consultation. Ces poux ont aurait presque cru qu'il allait me cracher à la figure. Tss. Yesenia ronchonnait en langue terrane. Pardon, j'ai l'habitude de changer de langue en milieu de phrase. »
    Elle prenait une longue inspiration et jetait un regard à la scientifique. Elle semblait bien jeune, elle devait peut-être avoir le même âge que Vermon et il y avait encore une forme d'insouciance dans le timbre de sa voix.
    Puis une idée lui traversa l'esprit en observant tour à tour les cafés et la scientifique. D'habitude elle n'était pas de nature généreuse, mais elle se disait qu'après ces deux refus, qu'un petit sacrifice ne serait pas de trop pour obtenir une consultation.
    « — Vous en voulez ? Cela lui faisait les pieds de perdre une canette mais bon c'est ainsi. On ne peut pas tout avoir. »
    Elle pointait le dit objet du bout du nez. Yesenia s'humectait les lèvres.
    « —J'avais cru comprendre ce matin que vous étiez un chir, je me trompe ? silence. D'habitude je sais que c'est contre le règlement d'avoir affaire aux témoins ou aux suspects pendant l'enquête pour des éléments personnelles mais je dois dire que je commence à en avoir ras le bol... »
    Mécaniquement, elle laissait pendre son bras droit – comme elle le faisait depuis trois jours – pour essayer de dégourdir se faux membres qui ressemble trait pour trait à l'original.
    « — Depuis que je suis arrivée ici, j'ai une sensation de lourdeur pas possible au niveau de ma prothèse. Ce n'est pas douloureux, mais avoir l'impression de se balader avec des vêtements qui se dégorge d'eau c'est une plaie à force. »
    Cela la fatiguait plus vite et associé à son manque de caféine cela la rendait irritable.
    « — Donc bon, vous aviez le moyen de m’ausculter ça serait top. Ou même de m'envoyer à un confrère qui serait capable de me prendre en charge. »
    Sourire pour obtenir un oui.
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    Nuawa avait bien vite repris ses habitudes. Appuyée sur le bord de son bureau, elle écoutait attentivement Yesenia. Déjà plongée dans ce qui avait été son travail durant des années, c'était comme si elle n'avait jamais pris la décision de partir. Avant même que la terriane ne se lance dans des explications, le regard de la chirurgienne courait déjà en direction de sa prothèse. Un travail "à l'ancienne", dans les règles de l'art pour la plupart de la structure, mais loin des nouveautés bien pratiques en la matière.

    Elle refusa la canette proposée. "Non merci, j'ai ce qu'il me faut" répondit-elle en désignant son sac d'un signe de tête. Yesenia ne savait évidemment pas ce qui s'y trouvait mais, comme toujours, Nuawa se baladait avec un contenant rafraîchissant rempli de Shakti rouge. En cette saison, il était important de s'hydrater, et pour Nuawa, les apports énergétiques de cette boisson étaient essentiels. C'état un peu son café à elle. La chirurgienne n'avait jamais vraiment compris le goût des terrians pour cette boisson amère qu'ils devaient sucrer artificiellement lorsque des équivalents au goût déjà plaisant existait dans la nature.

    "Honnêtement c'est pas moi qui vais vous taper sur les doigts parce que vous ne suivez pas le protocole." Lança-t-elle d'un ton amusé. Nuawa n'avait jamais caché son dédain vis à vis des protocoles suivis à la lettre, sans laisser la moindre marge pour l'humain et l'imprévisibilité. L'adaptabilité, voilà ce en quoi elle croyait. Raison pour laquelle elle travaillait assez peu sur des projets communs avec les lunariens de l'Enclave. En tout cas, pas sur du long terme, et surtout pas avec les nouvelles recrues. Ils étaient presque pires que les anciens, trop angoissés pour être créatifs. "Et puis, vous ne seriez pas bien utile avec un bras hors service." L'antiopéo-lunarienne ne prononçait même pas un mot pour signifier qu'elle acceptait, elle était déjà absorbée par la tâche qu'on lui demandait d'accomplir.

    Elle dit un signe flou de la main en direction de Yesenia, comme pour lui dire de se laisser faire ou de simplement se préparer à ce qui viendrait ensuite. Nuawa approcha ensuite la chaise - et celle qui était assise dessus - de la table de travail du milieu de la pièce. Elle souleva ensuite le bras-prothèse pour le poser sur le bord de la table. "Ah ! Pardon. Je vais d'abord regarder comment c'est fichu. Vaut mieux éviter de la débloquer du socle si le problème vient de là, hein ?"

    Nuawa n'était pas vraiment habituée aux consultations de ce genre. Elle réparait des prothèses, en créait de nombreuses et était parfaitement habilitée à faire tout ça. Mais il n'était pas dans les habitudes des chirurgiens de l'enclave de faire dans l'humain et donc de gérer les réactions et éventuelles craintes des patients. Un instant, Nuawa s'était tellement plongée dans le mystère qu'était cette prothèse qu'elle en oubliait qu'il y avait quelqu'un au bout du bras bionique. "Laissez bien reposer votre bras sur la table, je vais regarder." Tirant du bras une lampe articulée qui surplombait la table, elle l'alluma en effleurant l'interrupteur tactile. Ce machin lui avait coûté une petite fortune mais au moins, il n'éblouissait personne, avec son système de lumière diffuse. La chirurgienne sortit ensuite un petit paquet d'outils à usage unique des tiroirs d'une des nombreuses armoires et commodes qui faisaient tout le tour de la pièce. Ses outils personnels étaient chez sa mère mais elle faisait aussi très bien son travail avec ces packs stériles.

    Elle sortit et amena sur la table, au même moment, une petite bombe d'air pulsé. De quoi nettoyer efficacement les interstices des prothèses dont on ne prend pas assez soin. Malheureusement, tous les systèmes n'avaient pas opté pour un matériau facilitant le nettoyage. En particulier ceux qui provenaient de Terra et de Dust, de ce qu'elle avait pu voir. "Je vais nettoyer les jointures pour voir ce qu'il en est, ça risque de faire froid, mais ça ne fera pas mal." Un petit sourire, à l'adresse de la patiente, avant de se mettre à l'oeuvre et de nettoyer soigneusement les parties les plus sensibles de la prothèse. Et puisqu'il était toujours intéressant de mettre à l'aise les patients autant que d'obtenir quelques informations sur ce qu'elle s'apprêtait à bidouiller, Nuawa la questionna. "Si c'est pas trop indiscret, qui vous a fait cette prothèse ? Vous l'avez depuis quand ?" Comme tous les scientifiques de l'Enclave, Nuawa avait subi les parties les plus théoriques et donc pesantes de sa spécialisation : tout savoir sur ce qui se faisait, partout ailleurs, y compris l'illégal. Un travail ardu qu'elle aurait bien troqué contre quelques heures d'expérimentation à la place.
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    Dans ce cas-là, elles étaient deux. Deux femmes a être capable de passer hors des protocoles, d'aller au plus simple pour des résultats. Yesenia avait sourit, non gênée, presque déridée de la situation. La tête hochait de temps à autre pour répondre à l'affirmatif aux exigences de la chirurgienne. Après tout, c'était son domaine, elle la cheffe – donc plus à même de savoir quoi faire et comment la soigner –. Le lieutenant posait son bras selon les directives de la spécialiste, se contorsionnant sur sa chaise pour donner du mou sur son corps qui semble d'être un coup plus lourd que d'habitude.
    Observant par dessus l'épaule de la scientifique, elle voyait l'encoche de la peau synthétique se soulever pour montrer la partie mécanique, la structure et le cœur de la machine.

    Un sourcil qui se hausse sur ce qui allait se passer. Ressentir du froid ? Elle n'en était pas sur.
    « — Vous pouvez y aller je ne ressens rien du tout. Je sais qu'il y a le bras, mais je n'ai pas conscience qu'il y a... elle préférait d'abord répondre à cette question, plutôt qu'à la suivante qui la mettait mal à l'aise. Je ne ressens pas quand j'attrape un objet ou la sensation que peu produire une texture. Je sais que les poils du chat son doux, que la brique est rugueuse, mais avec la prothèse je ne le ressens pas. Il faut dire qu'elle n'a zéro amélioration, elle ressemble à mon ancien bras mais rien de plus. En même temps, vu le prix, on peut pas s'attendre à des miracles. »
    Lorsque l'on vit dans le réservoir, on ne peut tellement s'offrir le luxe des habitants de Ys, on fait avec les moyens du bord et surtout avec les crédits que l'on a dans la poche. On apprend à se contenter de ce que l'on a, de ce que l'on est, d'être humble. Tout du moins c'est ainsi que sa mère et sa grand-mère, les deux femmes de sa vie, l'ont élevée.

    Pourtant, Yesenia ne peut pas garder indéfiniment le silence. Ses pupilles se perdent dans le vide à observer les instruments s'agiter dans les doigts agiles. Sous cette lumière blafarde qui vous aveugle comme quant on regarde le soleil trop longtemps sans lunette.
    « — De toute façon, je peux pas garder des informations à un doc, hein ? »
    Elle s'humecte les lèvres et fini par se mordre la lippe inférieure. Instinctivement on sent la prothèse se contracter, comme pour faire bouger en doigt. C'est une vieille histoire – même si elle récente – qu'elle n'a toujours pas réussit à tourner la page. Une page qui sera à noircir avec le sang de ce sadique et manique.
    La flic inspire longuement et fini par observer le mur. Elle y regarde l'absence de couleur et d'objet, juste le blanc. Elle s'y perd dedans.
    « — Six mois. Ca fait six mois que j'ai eu mon « accident », accident se mot sonnait faux dans sa bouche, boucherie était plus juste. Je sais pas qui est le doc, qui me l'a posé et encore moins qui l'a fabriqué. Je sais beaucoup de chose autour de la prothèse, comment je l'ai eu, qui l'a payé, ce que j'en pense, ce qu'elle me rappelle... Mais l'origine du produit, non. il y avait une pointe de mélancolie dans sa voix. »
    Comme si elle s'était transformée en une vieille femme qui raconte ses mémoires, sa vie à un inconnu. Les faits d'une longue existence, prouvée par ses cheveux blancs, d'une vie qui a connu autant la peine que la joie, une vie qui a vu des morts et des vivants.

    Elle avait une histoire incomplète à conter à qui voudra bien l'entendre lorsqu'elle sera prête à la dire. Une chose est sur, elle ne dit pas tout.
    « — Pour tout dire, je n'ai même pas encore passé la visite de contrôle. J'ai un rendez-vous d'ici six mois à peut près, pour la première année en somme. Avec le docteur Nicole Heathcote, je pense, une prothésiste du réservoir. un moment de réflexion. Je ne sais pas même si c'est elle qui m'a opérée ou non. En même temps vu l'urgence... »
    Ces derniers mots se font plus bas, et renverse sa tête en arrière. Elle se perd cette fois-ci dans le plafond, les yeux irradiés par la lumière des néons.
    « — Vous y voyez quelque chose Valaersen qui pourrait expliquer cette sensation ? »
    La tête se tourne vers le docteur, ses yeux sont légèrement rougit, comme si rien de penser à ses six derniers mots avait tout fait remonter en elle.
    Yesenia n'a même pas remarqué qu'elle serait prête à pleurer.
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    A en croire les explications que Yesenia donnait sur la prothèse qu'elle portait, et a constater ce qu'il en était sous la couche de peau synthétique, c'était pas vraiment un objet de bonne facture. L'air circonspect, Nuawa levait un sourcil en observant un peu plus en détail sous la fausse peau qui se détachait avec facilité et sans même l'usage d'outils. "Pas étonnant que vous ne puissiez pas nettoyer tout ca vous même régulièrement. Cette peau n'est pas sécurisée. Si vous l'enlevez seule, c'est pas dit qu'elle se tienne une fois remise." C'était tout au plus un gros autocollant couleur chair.

    Tout en écoutant le récit de la jeune femme et sans lever les yeux de l'objet de son analyse, Nuawa passa en revue tout ce qui se présentait à son regard. Le câblage du haut du bras semblait dans un état encore correct, quoique poussiéreux et recouvert d'une couche de saleté que l'on devait sans doute à la version "premier prix" de ce bras. La peau synthétique protégeait des chocs ou de l'infiltration des gros objets mais pour ce qui était de l'eau, de la transpiration ou de la poussière, c'était parfois plus complexe.

    "Je vois…" Commenta-t-elle le récit de la terriane. "J'imagine que vous deviez être dans un sacré pétrin pour vous installer un machin pareil sans questionner la provenance." Nuawa descendait un peu plus vers le poignet ou elle trouvait quelques lésions sur les gaines de câbles. En particulier, celui qui servait à conduire l'énergie dans les doigts, la zone la plus complexe de la prothèse. "J'ai jamais mis les pieds sur Terra." Reprit-elle d'un ton qui posait les bases d'un badinage teinté de curiosité plus que de jugement sur ce qui allait suivre. "Il parait que sur Terra, les gens sont prêts à se couper les bras pour la première prothèse venue. Enfin, vous m'avez pas l'air d'être ce genre de personne." Un sourire, supposant que Yesenia la regardait, car elle ne lui adressa pas en levant les yeux. Toujours concentrée sur sa tâche, elle découvrit enfin la paume de la main et comprit que quelque chose avait endommagé le circuit de répartition d'énergie à partir de cette région. Elle sortit de quoi colmater le tout.

    "Alors. Visiblement le système de répartition d'énergie a été endommagé au niveau de la main et du poignet. J'imagine que c'est quelque chose qui a dû vous arriver dans l'exercice de vos fonctions et si vous ne sentez rien, ca n'a pas dû vous inquiéter, c'est normal. Je vais colmater tout ca et ca devrait vous débarrasser de la gêne et du poids. Mais il faudra le faire remplacer le plus tôt possible par la personne qui a créé cette prothèse." Elle attrapa le poignet et retourna le bras, doucement, comme pour vérifier quelque chose. "Ouais, je connais pas ce modèle, a mon avis, il est pas homologué. Le nom de votre médecin ne me dit rien non plus." Il n'y avait pas de jugement dans sa voix, simplement un constat. Son regard se leva enfin vers le visage de la patiente alors qu'elle allait s'enquérir de son consentement pour la suite. Pour constater qu'elle avait les yeux rougis. Surprise et loin d'avoir perçu le moindre signe dans la voix de la patiente, elle la questionna. "Oh, je vous ai fait mal ?"


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    « — La vie sur fil du rasoir, on peut dire ? dans le cas de la patiente, ce n'était pas qu'un euphémisme, la blessure à son bras – plus sérieuse que celle dans son flanc – avait failli lui coûter la vie. »
    C'était avec un certain intérêt pour la chose – même sans connaissance – qu'elle prenait les informations délivrées par la chirurgienne. Yesenia avait mit du temps à se faire à cette prothèse, remplaçant son bras fait de chair et d'os.

    Elle qui d'habitude était en total contrôle sur son corps, ressentant une certaine fierté à ressentir ses muscles endolories par le travail et les exercices. De le sentir vivre. Mais en même temps, la mécanique avait quelque chose de particulier, une façon de se reposer pour se focus sur quelque chose d'autre. L'absence de douleur l'amener à se dépasser.
    A l’énoncée de ses propos – et du problème sous-jacent – le lieutenant de police sourit. Un dysfonctionnement entre le poignet et la main, elle s'en souvenait très bien de cette fameuse journée – même si elle préférait l'oublier –. Une véritable catastrophe ambulante qui ne portait que le très célèbre nom Tadashi Ryo, un membre de la cour suprême, qui avait faillit la rendre boiteuse sur une longue durée et qui en plus était capable d'attirer les coups de feu à force de trop parler.
    « — J'risque pas de demander à Kovacs où il l'a eu, sinon j'aurais de grandes surprises... Yesenia parlait à grande vitesse, mangeant parfois ses mots dans ses propos. »

    La policière fut surprise en entendant les derniers propos du spécialiste.
    « — Mal ? Non, non, pourquoi dites-vous ça ? ses sourcils sombres se fronçaient pour noircir ses yeux clairs. »
    Elle finissait par porter ses doigts sur son visage pour y sentir sous ses yeux une larme mouiller la pulpe de ses doigts. Stupéfaite, elle allait à observer le liquide salé, presque instinctivement elle roulait des épaules, et s'essuyait les yeux – essayant de ne pas faire couler son maquillage charbonneux –.
    « — Aucune douleur, doc. Je vous rassure. Juste les nerfs qui sont parfois à fleur de peau. Pas d'inquiétude, vous ne risquez pas de vous noyez dans mes larmes. rire nerveux. »
    Yesenia s'autorisait une pause dans son inspection médicale pour prendre en main sa canette de café – très chaude, mais pas brûlante –. Rien que lorsque l'odeur arrivait à ses narines, elle frémissait d'envie et sa face s'illuminait, comme une enfant qui s'apprête à manger une sucrerie.

    Avant de porter le breuvage à ses lèvres, elle répondait à la question de la chirurgienne. Cela ne lui dérangeait pas de parler de ses croyances, surtout quand l'interlocuteur ne semblait pas être une fanatique prête à vous trancher la gorge à la moindre parole déplacée – contrairement au tueur en série, la main droite du Christ –.
    « — On m'a éduquée de façon totalement opposé. On a qu'un corps fait à l'image du Christ, et il faut en prendre soin, sinon l'âme se corrompt. son grand-père maternel avait toujours été très à cheval sur ça, il n'avait même pas hésité à renier son frère à l'époque quand il c'était fait augmenter les yeux pour améliorer son travail. Donc non, je n'étais pas très d'accord pour le port de la prothèse et ça à même gueuler dans les chaumières... Sans parler d'une belle rupture avec Kovacs... Il me manque. »
    Yesenia soupire et fini par pauser ses lèvres sur le rebord de la canette de café et de la renverser légèrement pour boire le liquide. Le parfum fort et amer – d'un café de moindre qualité – lui tapissait la langue et réveillait ses papilles gustatives.
    C'était comme si à la première gorgée, son corps se dotait d'une nouvelle énergie, prête à repartir pour une journée complète de travail – effet de courte durée, bien entendu –.
    « — D'ailleurs je me demandais. Il n'y a pas un moyen de changer de chirurgien et d'engin ? par engin elle désignait sa prothèse, d'un coup d’œil. »

    Yesenia avait dépassait le stade des croyances de ses parents – sans pour autant les rejeter – et les progrès de la science n'était à prendre contre la religion, mais comme un support. Et si le Christ avait créer des esprits capable de concevoir ça, alors pourquoi le renier. Changer son bras – par nécessité – ne la dérangeait plus comme avant.
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    "Le Christ ? J'imagine que ça doit être un peu comme la Mère, alors." La religion Antiopéenne, aussi complexe qu'elle pouvait être, avait des préceptes assez simples. Nuawa, bercée dans deux cultures à la religion omniprésente, s'était retrouvée bien sceptique face à tout ça. A force d'encaisser d'un côté les préceptes Antiopéens et de l'autre les Lunariens, elle en était venue à questionner le tout et si elle ne reniait pas vraiment l'un ou l'autre, tout cela lui apparaissait à ce jour comme une sorte de folklore respectable. Comme tout le monde, il lui arrivait de jurer au nom de certains dieux. Mais jamais devant les chamans. Pour elle, c'était plus une question d'impolitesse que de blasphème à proprement parler.

    L'embout de remplissage - une sorte d'appareil qui pouvait s'apparenter à un mélange de pistolet à colle et de fer à souder - était enfin chaud, et Nuawa enfila ses gants tout en écoutant la jeune femme la questionner. Avant de s'atteler à la tâche qu'elle venait d'exposer, elle jeta un nouveau regard au socle. Généralement, pour les prothèses de bras, un socle était posé sur la base de l'articulation concernée, et le reste était inséré via un mécanisme largement répandu et homologué. Par chance, celui-ci l'était, et assez courant avec ça. "Changer d'engin oui, sûrement. Il vous suffit de trouver un bon chirurgien pour ça, ou au moins un modèle homologué à vous faire installer par quelqu'un qui s'y connaît. En vérité, le plus compliqué dans tout ça, c'est de vérifier le modèle, la compatibilité, et l'état du machin. L'installation, après ça, c'est un peu comme un jeu de formes." Un nouveau sourire, plein de bonne humeur. "Après, votre chirurgien, vous êtes pas mariée avec. Encore plus si vous voulez changer de prothèse, alors là, vous pouvez bien faire ce que vous voulez."

    Nuawa jetait un regard un tantinet inquiet vers le bras qu'elle désignait. "Si je suis prudente c'est pas tellement pour une question de protocole ou parce qu'un chirurgien est le seul à savoir gérer sa prothèse, mais parce que ce modèle là m'a pas l'air homologué. En tout cas dans la base de données galactique. Je peux pas vraiment savoir si tout est fait dans les règles de l'art ou s'il y a quelques petits bonus qui pourraient poser quelques soucis, voyez ?" L'antiopéo-lunarienne n'aimait pas admettre son éventuelle incompétence, même passagère. En soi, elle était presque certaine de pouvoir faire ce qu'elle voulait de ce modèle. Mais mieux valait ne pas prendre de risque. Elle n'avait pas encore eu l'occasion de creuser le sujet des modèles terrians parfois douteux. "Pour être honnête, je pense qu'en changer serait une bonne idée. Mais tout dépend des moyens que vous avez, de ce que vous recherchez, et quelle utilité vous voulez en avoir. C'est un bras, l'air de rien. Une partie de soi. Faut se sentir capable de s'habituer à un corps étranger."

    Tout ce que Nuawa racontait, elle ne pouvait pas l'expliquer par l'expérience personnelle. Au contraire, l'antiopéenne était bien la première à partir encourant à l'idée de porter une prothèse elle-même. Si ça devait arriver, elle savait très bien qu'elle n'aurait confiance en personne pour lui fournir quelque chose qui collerait à son idée. "Bon, je vais l'occuper de la réparation." Annonça-t-elle dans un soupir. Elle pouvait compatir, mais tenter de se mettre à la place du patient l'angoissait un peu trop pour qu'elle se laisse aller jusque là. Alors elle saisit l'appareil entre ses doigts gantés et se mit à colmater les fissures et les brèches dans les gaines et câbles de transfert d'énergie. Fort heureusement, les lésions étaient assez localisées et même avec la meilleure volonté du monde et la plus grande application, le travail fut assez vite fait. En une dizaine de minutes tout au plus, la question pouvait être réglée. "On devra laisser reposer quelques minutes le temps que ça refroidisse." Expliqua-t-elle alors qu'elle s'affairait. "Cela ne devrait pas être très long."
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    Une réflexion intense venait à prendre place, une idée qui gratte au fond de soi. Comme un petit être qui désire sortir de l'enveloppe où elle se trouvait prise au piège. Yesenia n'avait jamais expliqué à quiconque sa religion, les gens qui la côtoyait – elle et ses pratiques teintées de doubles religions –. Il avait fallut un temps pour qu'elle même arrive à y trouver sa place – et sa foi –, elle avait trouvé un nom : Neo-C, l'expliqué en revanche, c'était une histoire longue et tumultueuse.
    « — Une sorte... sa tête opinait lacement. »
    La conversation suivante était la plus intéressante, trois mois à compter de la pose de la prothèse, Yesenia avait commencé à apprécier et même à aimer cette ersatz de bras. Parfois elle venait à imaginer ce qu'elle pouvait bien y apporter comme modifications et, ou améliorations. De la résistance et de la puissance, cela lui plairait bien – et dans son esprit assez étroit, pour l'instant, elle ne c'était même pas imaginer porter d'autres dispositifs d'amélioration –.
    Elle pouvait la changer, et c'était une bonne nouvelle – très bonne même. Un sourire venait à se pauser sur ses lippes charnues.

    Yesenia répondait par des onomatopées à chacune de ses questions. Elle profitait du temps des réparations pour siroter son café totalement absorbée par ses idées qui s'envolent sous les propos de la chirurgienne.
    Se laissant manipuler dans les sens possibles et imaginables, Yesenia laisser la chirurgienne faire son travail, d'abord en silence, puis trépignante elle commençait à la questionner.
    « — Tout à l'heure, vous disiez qu'il était possible de la changer. Vous le faite à combien doc ? »
    Le lieutenant de police se redressait sur son assise, essayant de se pencher en avant pour observer le travail effectué par Valaersen. Voir l'intérieur de sa prothèse était toujours quelques choses de difficile pour la jeune femme. Se dire qu'à un moment sa prothèse se mêlée à sa chair, ses muscles et ligaments.
    Une sorte de dégoût rien qu'à s'imaginer ceci. Un frison lui traverse l'échine, elle fini par détourner le regard. Une chose est sur et certaine, si elle devrait changer sa prothèse, elle en garderait une peau synthétique, ou cloner pour rester un minimum normale.
    « — Genre... Si je voudrais une bonne ou une très bonne prothèse, résistance avec des matériaux spécifiques et plusieurs améliorations, je devrais compter combien, que je sache si je dois vendre un rein ou deux, rire. Hors de question de porter le travail fait par un chien puant de Ys, le lieutenant de police les tenaient en horreur, surtout depuis qu'elle avait été confronté à un cabrón portant le nom de Tadashi Ryo, et le réservoir on sait tous ce que ça fait comme résultat... Et puis si Martha pouvait éviter de le savoir en recevant un appel de l'hôpital ça serait pas plus mal... »
    Rien que le prix de la prothèse donnerait une idée à la flic pour savoir combien de temps elle devrait économiser pour en avoir une, sans parler des frais annexes. Voyage, l'anesthésie, le dépassement d'honoraire et tout ce qui s'en suit.

    Yesenia apporterait sa propre ruine à se changer son bras, mais elle n'est pas idiote, il n'y a pas d'autres solutions. Personne n'a vu un flic manchot déambuler dans les rues de la ville pour attraper les méchants. Même dans le commissariat, il n'y en avait pas pour prendre les dépositions et s'occuper du téléphone. Et il était hors de questions que Yesenia soit la première flic manchot de l'histoire.
    Elle avait besoin d'un bras fonctionnel pour travailler. Être flic c'était toute sa vie.
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    Nuawa n'avait plus ou moins jamais fabriqué de prothèse sur commande. Pour un particulier, en tout cas. C'était étonnant, compte tenu de la quantité de travail qu'elle abattait dans les laboratoires de l'Enclave. Ils révolutionnaient le développement des augmentations et, pourtant, n'en retiraient pas d'autres avantages financiers que les subventions de Lunaria. Elle n'avait ainsi jamais réfléchi à ses coûts, si elle se retrouvait à travailler en indépendante. Elle n'avait pas non plus pensé à ses tarifs, si elle venait à travailler pour quelqu'un.

    Il avait fallu qu'une étrangère arrive, comme ça, et lui pose la question de façon innocente pour qu'elle se retrouve plantée là, sans savoir quoi répondre. Alors qu'elle laissait reposer quelques temps le produit sur les câblages, elle se mit à réfléchir, posant d'abord ses outils pour se retourner vers Yesenia, affigeant l'air contrit de la réflexion. Une nouvelle fois, elle parlait dans cette langue qu'elle ne comprenait pas mais, petit à petit, Nuawa ne s'en formalisait plus. Si elle avait l'air râleuse, Yesenia ne semblait pas hostile. Et quand bien même ce serait le cas, Nuawa ne prenait aucun risque étant donnée la situation.

    "Une très bonne prothèse, ça coûte très cher. En particulier si vous voulez des ajouts, des matériaux …" Elle se laissa quelques secondes de réflexion pour commencer. "D'abord il y a le coeur d'énergie. C'est pas donné. Même ici, on a quelques livraisons de Luna mais c'est limité, et on réutilise d'anciens coeurs pour les nouveaux projets. Je peux essayer de m'en procurer un moi même, mais ce sera inclus dans le prix. Si vous avez un moyen quelconque d'en obtenir un pas cher, ce sera déjà ça de moins à compter." Elle jeta un regard, par réflexe, à la prothèse. Il ne lui serait pas difficile de faire beaucoup mieux que ça, et pour probablement moins cher que ce qui se pratiquait à Ys pour une qualité équivalente. "Les matériaux c'est pareil. Tout dépend de ce qui vous intéresse. Si vous voulez une meilleure résistance, de la légèreté, ce genre de choses. Il faut généralement compter plus de 100 crédits plus cher pour les prothèses en Astatium par rapport aux prothèses classiques. Enfin, je suis pas trop au fait de l'état du marché des matériaux en ce moment …"

    Elle fit une pause, réfléchissant encore, son regard se posant alternativement sur la prothèse, sur Yesenia, puis baissés tandis qu'elle croisait les bras. "Les améliorations, c'est plus complexe. Je peux vous en faire tout un tas mais j'ai pu constater d'expérience qu'il vaut mieux s'y habituer petit à petit. Les installer progressivement. C'est un coup à se blesser ou risquer la surcharge pour pas grand chose. User les puces pour rien. Mais je peux vous faire à peu près tout, je travaille même sur des projets personnels, des trucs que j'avais jamais vus, attendez." Elle se leva et enfila son gantelet, Emile. Tapotant sur l'un des déclencheurs tactiles, elle déploya le bouclier qu'elle testait encore. "C'est un bouclier plutôt simple mais pratique. J'ai développé ça ces derniers mois." Un grand sourire aux lèvres, Nuawa constatait qu'elle n'avait même pas encore rejoint le rang des prothésistes indépendants qu'elle se vendait déjà. Elle reprit néanmoins un air sérieux, désactivant la Targe, pour reprendre. "Je ne fais pas d'armes, par contre. C'est pas vraiment la politique de la maison. J'en ai simplement jamais fait. Mais j'imagine qu'en la matière, vous devez déjà avoir de quoi faire, en terme d'armes."

    Malgré son sérieux lorsqu'elle abordait le sujet, Nuawa s'efforçait de ne pas paraître trop jugeante. Elle savait les Terrians plutôt sensibles sur le sujet des armes et tenait à son confort et sa vie. Si Yesenia ne lui sauterait probablement pas à la gorge pour un ton un peu sec lorsqu'elle annonçait sa méconnaissance du sujet. Mais mieux valait prendre des gants, parfois. "Tout dépend de ce que vous souhaitez, en combien de temps, et des fonctions. Ca reste pas donné évidemment, mais ce que je vous ferai vous tiendra bien plus longtemps et en bon état que ça, c'est sûr."
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    Les informations donner par la chirurgienne étaient nombres, parfois utiles, parfois confortaient ce qu'elle connaissait déjà. Une prothèse digne de ce nom c'était une ruine, un mal nécessaire pour elle et son orgueil, ainsi que son travail. Sans perdre une miette de ce qu'elle lui faisait par, Yesenia réfléchissait à différente façon pour amasser plus d'argent sur Terra afin de pouvoir vivre, payer les dettes à Kovacs, ainsi que s'offrir une telle folie.
    Elle pourrait passer en brigade de nuit – même si elle s'imaginait à tort que Vermon ne la suivrait jamais, l'imaginant comme un cador de la séduction et préférant passer ses soirées dans des bars et discothèque huppée du réservoir pour trouver une demoiselle à son goût de la nuit –. Mais la brigade de nuit l'empêcherait d'avoir un œil sur Kovacs, ainsi que ses faits et gestes et augmenterait le risque que Valid lui balance une balle dans la nuque. Elle pourrait revendre son jumper, même si le véhicule est bas de gamme, il n'en reste pas moins un véhicule de catégorie spatial, ou bien elle irait voir un receleur du black oak pour en retirer le cœur et le revendre. Peut importe la provenance, ces derniers partent toujours à prix d'or.
    Au final son esprit se transformait en celui d'une comptable, dont les chiffres déferlait à toutes vitesses pour chacune des choses présentes et énumérées.

    La suite de la conversation – qui se transformait surtout en démonstration – l'intéressait et lui donnait des étoiles dans les yeux. Si elle n'était pas une fervente adepte des prothèses et des améliorations – même si cela changeait –, Yesenia avait toujours un petit faible pour les créations létale ou non utilisable pour son travail.
    Le bouclier se déployait devant elle, et le lieutenant de police tendait la main vers se dernier pour voir ce qu'il se passait si elle touchait, mais elle se ravisa – après tout quand on connaissait le bouclier de protection qui faisait tout le tour de Luna, on ne s'amusait pas à toucher tout ce qui y ressemblait –, ramenant ses doigts vers sa poitrine.
    Yesenia levait la tête vers la chirurgienne et lui lançait un grand sourire carnassier, contente de ce qu'elle venait d'entendre et de voir.
    « — Les armes c'est pas ça qu'il manque au réservoir, ni au commissariat de police. clin d’œil. »
    Après tout, parfois on pouvait trouver de drôle de chose pendant des perquisitions, des choses qui parfois sont plus utile à des flics qu'à des assassins et des violeurs.

    Le lieutenant de police faisait allait chacun de ses doigts, laissant les pistons se mouvoir pour répondre à ses ordres et mouvements. Tournant et retournant son bras dans tous les sens, elle observait le travail minutieux qui avait été réalisé sur sa personne.
    Jamais elle n'avait autant satisfaite pour une prothèse – en même temps le travail à Terra était fait par dessus la jambe lorsque les crédits ne suivaient pas – et cela se voyait sur son faciès.
    « — Le temps ne sera pas un problème, tant que vous restez en vie... et moi aussi, une pause. »
    Elle se relevait et remettait sa veste sur ses épaules, ce simple geste avait ne provoquait plus cette impression de lourdeur qu'elle avait depuis son atterrissage sur la planète verte.
    Yesenia tendait une puce rectangulaire aux couleurs de la police – ainsi qu'au logo –, elle comptait faire passer cette petite remise à neuf par le service et donc par Kawahara, cela lui fera les pieds de la mettre sur des affaires et situations farfelues.
    « — Faites passer ça en frais professionnel, je dois faire chier un maximum mon boss. Il me doit les frais d'hôpitaux de ma dernière mission. N'hésitait pas à faire saler la note. clin d’œil. »
    Observant les canettes de cafés qui étaient disposé ici et là sur la table du bureau, Yesenia soupirait, elle avait vidé le distributeur, mais cela ne serait pas suffisant pour les quinze jours – approximatif – qui lui restait à tenir sur la planète.
    « — Vous avez qu'à me contacter sur le HUB pour me fournir votre facture pour disons ce qu'il se fait le mieux sur le marché. Comme ça je me ferais une idée, et au pire j'irais en dégressif. Yesenia indiquait ses identifiants à la chirurgienne. <i>Même, n'hésitait pas pour quoique se soit. De jour, comme de nuit je répondrais. sourire. »
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