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En -68 P.A, les anciens Terriens débarquaient sur la nouvelle Terra après des siècles d'errance dans l'espace. De cet événement s'est organisé, avec le temps, un nouvel ordre galactiques. Un exode, des tensions, l'évolution et l'indépendance. Ainsi se sont tissées les relations entre les planètes Terra, Luna, Antiopée et Dust. Comment apposerez vous votre marque dans cet univers prêt à changer du tout au tout ?La galaxie est pleine de mystères. Terra, Luna, Antiopée ou Dust, chaque planète éveille la curiosité des explorateurs prêts à tout pour marquer l'Histoire et percer les secrets de l'univers. Alors que la stabilité présumée entre les factions est mise à l'épreuve par l'arrivée d'un peuple inconnu, quelle aventure tenterez-vous de vivre ? Face à l'immensité de l'univers, les Hommes se prennent à rêver d'exploration. Terrians, Lunariens, Antiopéens et Dustiens, chaque peuples aspirent à en percer les secrets. Dans cette galaxie aux possibilités infinies, chaque individu peut changer le cours de l'histoire et voir sa vie prendre des airs de récits d'aventures. Dans de monde ouvert aux occasions multiples, qui serez-vous ?
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    Baklava ; ft. Yaara Shaushka

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    Baklava ; ft. Yaara ShaushkaMessage par Apollonia Ward le Jeu 1 Nov - 19:34
    baklava
    yaara shaushka & apollonia ward - nowhere
    C’était la première fois qu’Apollonia mettait les pieds dans une pâtisserie depuis des années… Enfin, de qualifier l’établissement de pâtisserie était un peu exagéré. Un étal dans une rue étroite qui dégageaient de lourdes effluves sucrées vers les fenêtres au-dessus, cela devait changer de l’odeur du sable ou des détritus. Si la chirurgienne s’y rendait pour se procurer des petits gateau sirupeux à la pâte feuilleté, ce n’était pas qu’elle entretenait une passion pour les sucreries; elle n’en mangeait que très peu .Elle avait besoin de ces sucreries pour une transaction des plus sérieuses. Si, du haut de son cheval de chirurgienne prothésiste prodige (un peu rouillée, mais tout de même), elle avait cru être préparée à n’importe quel problème de santé sur Dust, la vision d’une femme enceinte de la rue lui avait révélé qu’elle se trompait. Ses notions d'obstétrique dataient de ses études à Ys, et encore, elles étaient assez réduites, comme elle s’était désintéressée très rapidement de cette branche, jugée simplette, sans prestige. Tout ce qu’elle savait faire dépendait du support de la technologie avancée de Terra, elle ne serait jamais capable de répliquer ces procédures dans sa clinique rafistolée de Dust qui tenait avec les moyens du bar. La solution qu’Apollonia avait trouvé à ce problème était de simplement refuser de soigner les femmes enceintes… Solution qui l’enthousiasmait guère. L’idée qu’une femme se présente à sa porte, ayant déjà crevé les eaux, et qu’elle soit impuissante à l’aider de manière compétente l’inquiétait de plus en plus chaque jour.

    Jusqu’à ce qu’elle croise de nouveau cette même femme enceinte, qui devait probablement vivre non loin de chez elle. Bravant sa retenue habituelle, elle l’avait abordé, lui demandant ce qu’elle comptait faire pour la venue du bébé. « Curiosité professionnelle », s’était-elle justifié. Que ne fut pas sa surprise lorsqu’elle l’entendit répondre qu’elle se dirigerait vers le désert lorsque le temps approcherait. C’était bien le dernier endroit où s’attendait voir une femme en labeur se rendre. Devant sa stupeur, la femme la taquina, lui demandant si elle était du coin depuis longtemps, comme elle ne connaissait pas la Mère Shaushka, cette sage-femme presque mythique dont la caravane de bédouins s’établissait à différents endroits du Nowhere. Lorsqu’Apollonia lui demanda s’il était possible de lui rendre visite, la femme lui avait souri et répondu d’amener quelque chose de sucré.

    Dubitative, elle s’était donc acheté une boîte de ces pâtisseries collantes avant de se préparer à retourner au Nowhere, seule cette fois, priant pour ne tomber sur aucun ennui en chemin, connaissant sa chance. Elle fut agréablement surprise de n’être dérangée que par le vent, le sable et la chaleur, un trio connu. Des silhouettes floues et dansantes se distinguaient dans la direction où la femme enceinte lui avait indiquée, elle qui avait visité les bédouins quelques jours auparavant. La jeune femme abaissa le foulard recouvrant sa bouche et son nez lorsqu’elle arriva à la vue de bédouins qui regardaient l’horizon, en train de tenir la garde ou elle ne savait quoi. Personne ne sembla particulièrement troublé de son arrivée et lorsqu’elle demanda, hésitante, à être conduite à la Mère, personne ne parut surpris. On lui pointa alors une tente écarlate, reconnaissable entre toutes avant de lui laisser la liberté de s’y rendre. Peut-être la Terrianne était-elle plus pleine de préjugés qu’elle ne l’aurait cru, elle s’était attendu à être reçue avec méfiance et avoir de la difficulté à communiquer, il n’en était rien. Arrivée devant ladite tente, elle resta un peu devant son pan, nerveuse. Y avait-il un protocole à respecter ? Une formule à donner ? Essuyant quelques regards amusés des bédouins qui passaient, elle dû se résoudre à appeler en Terrian: « Je viens voir… Mère Shaushka ? » Puis, elle mit un pied à travers l’ouverture entre les bouts de tissus, ouvrant le pan pour entrer délicatement dans son intérieur tamisé, ne sachant pas ce qu’elle y découvrirait, bien franchement.
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    La vie qui régnait sous la tente rouge était riche et variée. Des femmes qui sont proches de la tombe et d'autre proche du berceau. Seulement des femmes qui parlent et vivent sans crainte, ici rien ne peuvent leur arriver. Seule la Mère enveloppe dans un linceul de mort quand le temps est venu.
    Sous ses tentures rouges écarlates, qui pouvaient sembler être une couleur violente pour les hommes, mais pleine de symbolisme, se trouvait un lieu plein de vie. Des tapis tissés par les bédouines, des coussins, de petits meubles de bois et beaucoup d'odeur et de chaleur dégagé par les pans de la tente et des petits feux qui éclairaient le tout.
    Yaara et son clan semblaient venir d'un autre monde, ancien et primaire, mais au final n'était-ce pas suffisant pour subvenir à ses besoins et apprendre à être heureux.

    Des jours ils y avaient des femmes au ventre rond, d'autres les épouses qui venaient à discuter de leurs époux, il y a des jours où les enfants venaient apprendre et à la période des tonte des moutons elles cardaient ensemble la laine pour tisser.
    Yaara vivait du travail de ses mains et de ceux de la caravelle, tous vivaient ainsi en paix et si la cupidité de l'homme venait à ébranler cette paix, alors il devait payer ou partir. C'était ainsi le prix à payer pour suivre la tente rouge. Vivre une vie de nomade en paix.
    Au centre de la grande tente rouge se trouvait un attroupement de femmes autour d'une autre au ventre rond, prête à délivrer la vie, elles étaient cachés par des voilages aux teintes rougeâtres et prunes. C'était une femme du clan, elle avait déjà donné sept fils à son époux et attendait un huitième enfant. Dès le départ de la grossesse elle s'attendait à ne pas avoir la force pour porter à terme cette vie. Pourtant la voilà protégé par ses pairs qui l’entouraient pour leur donner sa force dans ce cocon.

    L'atmosphère chaleureuse des chants et des encens se trouvaient interrompu par un courant d'air. Les mains apposés sur le ventre de Sari, Yaara élevait la voix – toujours douce – sans se retourner.
    « — Rentre ou sort, mais ne reste pas planter là. »
    La sage-femme laissait ses semblables prendre sa place, tandis qu'elle se relevait en retenant les pans de sa tunique grossièrement coupé au dessus de sa taille et retenu par une ceinture tressé. Sa tresse blanche retombait lourdement sur son dos, tandis qu'elle marchait à la rencontre de l'inconnu.
    Passant par delà les voilages si fins qu'ils en étaient transparent, elle scrutait et jugeait des pieds à la tête celle qui parlait le terranien.
    « — Tu n'es pas enceinte, je peux te le certifier, son regard se posait sur la petite boite qui lui rappelait des délices en provenance de la ville. Mon diagnostique était gratuit, mais si tu veux partager tes délices, tu devras attendre. C'est le bébé qui choisira l'heure du thé aujourd'hui. »
    Elle portait à ses lèvres un sourire gourmand, espérant que la visiteuse reste pour partager les douceurs avec elle autour d'une tasse parfumé et fumante.

    A l'extérieur une voix d'homme se faisait entendre, il faisait par qu'il venait de déposait devant la tente une jare d'eau. Yaara s'avançait à l'entrée de la tente, et bougeait la jeune étrangère en lui apposant ses mains sur ses épaules.
    « — Ne reste donc pas le passage. Si tu as de la force reste ici, sinon attend dehors. »
    A aucun moment, Yaara ne c'était réellement intéressé à la raison de sa venue.

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    baklava
    yaara shaushka & apollonia ward - nowhere
    La tente était plus spacieuse vue de l’intérieur que de dehors, Apollonia fut surprise d’y entrevoir plusieurs femmes en rond autour d’une autre dont elle pouvait voir le ventre distendu poindre au dessus de leurs têtes penchées. Une voix s’adressa à elle en Terrian, lui demandant de ne pas rester plantée, à la fois entrée et sortie. Embarrassée, comme si elle avait été prise la main dans le sac en train de faire quelque chose de répréhensible, la jeune femme fit un pas en avant, raide comme une barre de métal, pour se dégager des pans de tissus de la tente. Était-elle arrivée à un mauvais moment ? Probablement. Pas besoin d’avoir obtenu son diplôme de médecine pour comprendre qu’un accouchement avait lieu. Une silhouette aux longs cheveux blancs de détacha des autres alors qu’elle se redressait et se dirigeait vers elle. Apollonia se sentit prise d’une autre pointe de nervosité. On venait sûrement lui dire de revenir plus tard ou de sortir, elle n’avait clairement pas sa place ici. Elle resta là, se sentant toute petite, alors qu’elle tenait sa boîte de gâteaux, ne sachant plus trop quoi en faire, alors que la vieille femme à qui il manquait un oeil la dévisageait de la tête aux pieds. La chirurgienne déglutit, alors qu’elle était mise à l’examen. Lorsque la femme parla, ce lot de tension se défit d’un coup, alors qu’elle lui annonçait qu’elle n’était pas enceinte. Ça elle le savait, mais elle était soulagée de savoir qu’elle la regardait ainsi pour le déterminer. Elle ouvrit la bouche pour lui expliquer les raisons qui l’avaient amenée ici, mais la mystérieuse inconnue avait tout de suite amené son attention aux fameuses pâtisseries au miel. Ainsi, elle se rendit compte que celle à qui elle parlait devait bien être cette Mère dont tout le monde parlait, l’expression qui habitait son visage alors qu’elle faisait mention de ces petits délices ne trompait pas.

    Une voix d’homme se fit entendre et, avant qu’elle ait pu réagir, Apollonia fut déplacée, comme on déplace un objet encombrant, sans qu’elle ait eut le temps de sursauter. Elle hocha tout de suite la tête lorsqu’elle lui demanda de s’ôter du chemin, comme une gamine que l’on avait réprimandé. Pour la première fois depuis qu’elle avait mis les pieds dans la tente, elle fut capable de passer outre son sentiments de gêne pour prendre la parole, sans pour autant effacer toutes les traces d’hésitation dans sa voix: « J-J’aimerais rester et observer, si ça ne vous dérange pas... » Ce après quoi, elle déposa sa boîte de gâteaux d’un mouvement machinal sur la surface d’une petite table non loin de là, après s’être reculée quelque peu, pour laisser la voie libre près de la porte. À pas feutrés, elle s’approcha des femmes en rond, tentant de voir ce qui se passait, en gardant toutefois ses distances. Déjà, le manque de technologie la frappa. Comment cette femme pouvait-elle accoucher ainsi, carrément sur le sol, entourée de tous ces gens. C’était à des années-lumière des pratiques de Terra… Logique, vu que Terra était, dans les faits, à des années-lumière d’où elles se trouvaient en ce moment. Après un moment, comprenant, qu’elle pourrait être là un bon bout de temps, elle se résigna à s’asseoir par terre plutôt que de rester debout comme un roseau dans le vent, observant le déroulement de l’accouchement avec des yeux ronds.
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    La terranne lui faisait part de la raison qui l'amenait dans la tente rouge. Yaara n'avait que rarement interdit à des femmes d'y mettre les pieds, alors elle hochait la tête pour l'autorisé à prendre place. Plus il y avait de force, mieux ça serait pour la femme grosse, leurs voix et leurs esprits ne formeraient qu'un pour lui passer leurs énergie à la femme, lui donner la force de donner naissance à son huitième enfants.
    Yaara venait à prendre la jarre d'eau pour l'amener auprès du groupes de femmes, soupirant et tirant la langue face au poids du liquide dans le pot en terre cuite. C'était le pied traînant qu'elle arrivait sous les draps transparents.
    Une femme plus jeune qu'elle – ce qui était simple –  venait à l'aider et la débarrassait de son fardeau. La sage-femme reprenait sa place entre deux femmes, juste devant le ventre arrondit et tendu prêt à exploser.
    « — Mère Yaara se demande bien d'où tu viens petite terrane ? elle finissait par faire un geste de la main pour effacer cette idée. On verra plus tard, le bébé ne vas plus tarder. »
    Sari inspirait et expirait à chaque instant pour supporter le travail.

    C'était une myriade de mains qui s'affairaient autour et sur la femme enceinte. Certaines lui massaient les membres sous des gestes circulaires pour la détendre, une lui refroidissait le front et Yaara apposait ses mains sur son ventre.
    « — Passe moi les huiles, demandait-elle à la femme à sa droite. »
    Cette dite femme lui passait une petite fiole contenant des huiles essentiels, la vieille femme humait le parfum et hochait de la tête satisfaite du choix qu'on lui avait fournit. Elle défaisait le bouchon de liège et versait une rasade d'huile sur ses mains.
    Et tendait la fiole à la visiteuse qui désirait observer.
    « — Quelles sont les huiles que j'utilise ? Yaara questionnait la terrane pour établir l'étendu de ses connaissances, puisqu'elle voulait apprendre. »
    La sage-femme frottait ses mains l'une contre l'autre, avant de masser le ventre de la femme enceinte. Elle effectuait des gestes précis à des endroits clefs pour l'aider à faire naître l'enfant. On entendait que la femme enceinte souffrait – à la normal dans ce genre de situation – mais qu'elle était en confiance.

    Ses doigts noueux rendaient la peau tendu luisante sous les huiles. Le produit pénétrait à chacun de ses passages et les effets se font sentir sans tarder. Elle avait laissé l'étrangère réfléchir aux parfums doux et entêtant des produits.
    « — Jasmin et lavande pour atténuer la douleur, bois de cèdre pour détendre les muscles. »
    Lorsqu'elle avait fini de parler, la vieille femme commençait à psalmodier dans sa langue maternelle  et les autres femmes la reprenaient en cœur. Leurs voix se formaient à l'unisson, dans un bruit rassurant et qui arrivait à bercer. Toute c'était resserraient les une contre les autres, apposant leur mains sur Sari.
    Une sorte de force, d'énergie communicative se ressentait dans la pièce, presque semblable à l'énergie des cultistes – sans pour autant l'être –. C'était une transe chamanique qui se passait sous la tente rouge, une histoire que seule les femmes connaissaient.

    Le temps passait sous les prières des déesses de Yaara, appelant leurs aides pour que la femme survive et que la mort ne se tienne pas dans un coin, prête à prendre ses bras la mère ou l'enfant. C'était pour ça qu'il y avait des idoles à chacun des points cardinaux de la pièce pour chasser la mort.
    « — Le bébé arrive, tu vas y participer. Yaara lui faisait un geste de la main, elle avait des jambes solides, assez pour supporter une femme enceinte. Prête ta force à Sari. »
    La caravane était multi-ethnique et la plupart des femmes pouvaient communiquer ensemble, ayant apprit une langue commune pour se comprendre. Et en ayant entendu ses propos, l'une d'entre elle apportait des briques. Rapidement, elle se lavait les mains pour faire disparaître le produit et accueillir le bébé dans de bonnes conditions.
    Sari devrait poser ses pieds sur les briques, soutenue par deux femmes sous les aisselles, où elle pourra poser tout son poids sur elles. Et elle poussera pendant que Yaara récurerait le bébé. C'était ainsi qu'elle avait fait naître chacun des enfants.
    Parfois elle devait couper la chair de la mère pour que l'enfant puisse naître. Mais c'était la façon la plus simple et moins douloureuse qu'elle avait pour faire naître les enfants. Donnant dans cette position toute la force nécessaire à la mère de pousser.

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    baklava
    yaara shaushka & apollonia ward - nowhere
    Après qu’elle ait rejoint le cercle qu’Apollonia observait, en retrait, la Mère Shaushka sembla lui adresser de nouveau la parole. Lui demandait-elle directement d’où elle venait ou pensait-elle à haute-voix ? Difficile à dire. Difficile de savoir quoi répondre également. Elle pouvait bien dire qu’elle venait de Dust, mais elle avait la nette impression que la femme âgée verrait rapidement que ce n’était pas toute la vérité. Ce n’était pas quelqu’un à qui l’on pouvait mentir, comme elle le faisait aux autres et à elle-même. Avant que la Terranne ait pu en arriver à une réponse succincte, la sage-femme avait littéralement balayé ce sujet sous le tapis, préférant se concentrer sur l’accouchement en cours, ce pour quoi Apollonia ne lui tint pas rigueur; elle désirait peu de se pencher sur ce sujet. La chirurgienne observa alors tour à tour chaque femme et ce qu’elle faisait pour aider la mère. Dans une salle d’accouchement terrane, ce flot de mouvement et de paroles aurait été considéré superflu, voir dérangeant, mais dans la tente rouge, tout cela se déroulait dans une cadence fluide, sans déconcentrer la mère ou Yaara qui posait ses mains sur son ventre.

    Comme si elle avait flairé les raisons de sa venue, cette dernière lui posa une question semblable à une question d’examen. Elle la testait, avec une certaine douceur espiègle, mais il n’en fallait pas plus pour venir chercher chez la jeune femme cette envie de performer et de plaire. Elle accepta la fiole qu’on lui tendait, reniflant le fumet qui s’en dégageait. C’était floral, frais et familier. Elle était sûre de connaître ces odeurs, mais était assaillie par des souvenirs de pot-pourris plutôt que par des connaissances médicales. Si les molécules et produits utilisés dans la médecine terrane provenaient, au départ, de plantes, Apollonia ne s’y était jamais intéressé. Elle appréciait les plantes pour leurs apparences et non leur propriétés médicinales. Elle devrait les étudier si elle voulait pouvoir les utiliser, à Dust, où, malgré le climat désertique, elles seraient plus accessibles que des médicaments chimiques. La chirurgienne ouvrit la bouche pour répondre, elle reconnaissait la lavande. Cependant, elle se ravisa aussitôt, comprenant que d’autres odeurs y étaient mêlées. Elle ne voulait pas donner de réponse incomplète, prenant ce test très au sérieux. Les gémissements en crescendo de la femme qui accouchait happèrent alors son attention, l’arrachant des odeurs des huiles mystère. Ayant attendu assez longtemps, Yaara expliqua ce qu’elle avait senti et les effets que ces huiles devaient produire. Déçue, Apollonia se demanda si elle avait échoué une sorte de test d’entrée, se faisant ainsi refuser l’accès aux enseignements précieux de la sage-femme. Elle se demandait aussi si de simples huiles allaient soulager cette femme de ses douleurs. Étonnement, sous les massages de Mère Yaara et les voix qui chantaient à l’unisson, son front plissé par l’effort et la douleur se détendit. Apollonia en fut fascinée, comme si elle assistait à un rituel magique et totalement étranger, elle qui, pourtant, avait déjà assisté à des accouchements dans le passé.

    C’est alors que Yaara s’adressa de nouveau à elle. Pendant un moment, elle douta d’être vraiment la cible de ses propos, levant la main pour se désigner elle-même, l’air de dire:« Moi ? Vraiment ? » Ne venait-elle pas d’échouer le test ? Et elle voulait qu’elle aide, elle qui ne connaissait rien à leurs pratiques ? Pas le temps de se poser trop de questions de demander ce qu’elle voulait qu’elle fasse concrètement. Elle se leva de l’endroit où elle s’était assise pour se rendre dans le cercle qui lui faisait une place. Voyant une femme arriver avec des briques, elle eut une vague idée de ce qu’elle devait faire, bien que l’idée de mettre une femme sur ses deux jambes pour qu’elle accouche lui paraissait saugrenue. À Terra, les femmes accouchaient couchées, sans trop sentir ce qui se passait en bas de le bassin, c’était tout à fait le contraire de ce qu’elle faisaient ici. Imitant l’autre femme qui glissait son épaule sous l’aisselle de Sari, elle aida à la soulever, engageant ses abdominaux pour soutenir le poids que la femme leur laissait, concentrant ses énergies pour pousser. Apollonia sentit la main de Sari dont les ongles se plantaient dans son bras, comme si elle pouvait sentir tous ses efforts à travers elle. La jeune femme pensa tout de suite qu’elle serait incapable de rester ainsi pendant des heures, mais l’idée d’échouer un autre test l’angoissait, elle redoubla donc d’ardeur, tentant tout de même de voir ce que Yaara faisait, plus bas.
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    Sari était en place, prenant la force des porteuses et s'appuyant sur les briques de terre cuite qui était sous ses pieds. Agenouillée devant-elle, la vieille femme qu'était Yaara semblait si petite en comparaison du ventre prêt à exploser. Levant la tête et observant de son seul œil valide, elle parlait à Sari pour la rassurer, lui dire qu'elle avait la force pour mettre au monde ce huitième – et espérons le, dernier – enfants.
    Elle serrait sa main fermement et lui ordonnait de vivre et de lui faire confiance. Voilà la clef de la réussite de Yaara. La confiance. Cette chose intangible et pourtant si vitale, si l'esprit se sentait en confiance alors le corps se détendait, le travail était plus simple pour tout le monde. Chose que beaucoup de médecins oubliaient sur les différentes planètes, trop adsorbée par les chiffres et les résultats scientifiques, oubliant que derrière le dossier d'un patient, se trouvait une âme. Avec un nom, des histoires, des envies et des rêves.
    On pouvait traiter un corps comme on le voulait, si l'esprit était stérile et en jachère, alors tout était vain.
    C'était là le but de la tente rouge, un refuge pour les âmes de femmes et des morts. Une écoute de l'esprit pour soigner un corps et lui permettre de vivre. Un souffle vie. Certains criait à la sorcellerie, d'autre à des miracles, alors qu'il s'agissait seulement du travail en harmonie de plusieurs femmes.

    Yaara donnait ses ordres et Sari s’exécutait, comme chacune des autres femmes présentes sous la tente rouge. Elle ne pressait rien, et laissait la nature faire son œuvre, lorsque le col était dilaté et que la tête passait – ce qui était rapide, vu que la majorité du travail avait eu lieu précédemment, lorsque Sari était couchée –, la sage-femme lui ordonnait de pousser.
    Sari poussait de toute ses forces, criant pour se donner de la force et elle s'ancrait sur le corps de ses porteuses. Les doigts noueux de Yaara quand à eux s'activait entre ses jambes, elle récupérait la tête de l'enfant, et par des années d'expérience, elle attrapait le reste de son corps.
    Un corps violet par la compression, sale et hurlant de vie. Une âme qui vivrait peut-être aussi longtemps que Yaara, si les déesses le voulaient bien. Il s'agissait d'une petite fille, née sans dent, mais avec une touffe de cheveux sur la tête, un enfant de bonne constitution, et d'un poids légèrement plus léger que la moyenne, mais viable.
    Un couteau dans les mains, elle coupait le cordon ombilicale et ordonnait aux femmes de la recoucher à nouveau. On était au petit soin avec la mère, lui épongeant le front, lui donnant à boire de l'eau sucré pour la revitaliser. Pendant ce temps-là, Yaara nettoyait grossièrement l'enfant et l’emmitoufler dans un linge propre et blanc.

    Ce n'était qu'après tout ceci que la mère et l'enfant pouvait être réunit, peau contre peau, sur son sein. Ce bébé-ci ne cherchait pas à encore à têter au sein de sa mère, mais ça ne serait tarder. D'ici dix à quinze minutes viendrait la délivrance, et Sari expulserait le placenta de corps, mais le temps était venu de profiter de l'instant, de sa petite fille.
    Yaara avait la prescience et savait qu'il s'agirait de sa dernière grossesse, la mère devenait trop vieille pour donner vie à un bon bébé, capable de respirer par lui même sur Dust, ou même pour rester en vie. Quand le temps sera venue et qu'elle partagerait à nouveau la couche de son époux, elle lui concocterait une recette à base d'herbe pour qu'elle ne soit pas fertile à chacune de leur étreinte.
    La sage-femme avec un grand sourire tapait sur les épaules de la terrane pour la féliciter de son travail.
    « — Par les tétons de la mère, t'es blanche ! Yaara prenait dans ses mains le visage de la jeune femme et lui pinçait doucement ses joues rondes. Il te faut des jambes solides, des doigts agiles, un esprit vif et un cœur doux si tu veux mettre au monde des bébés. »
    De son seul œil valide, elle balayait le lieu de culte d'un regard, cherchant des sels pour lui donner afin qu'elle récupère des forces.
    « — C'est du bon travail... Yaara n'avait pas son nom, ni son prénom. Ah la voilà ! »
    Elle claquait dans ses mains et partait à la recherche de cette petite boite en métal, la glissait dans les mains de la jeune terrane quand elle l'avait.
    « — Renifle, ça te fera du bien, mimait-elle ses paroles, Tout n'est pas fini encore. »

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    yaara shaushka & apollonia ward - nowhere
    Lorsqu’elle entendit le premier cri de l’enfant, Apollonia sentit une moiteur sur ses joues. De la sueur ? Non, une larme. Elle aurait put rapidement rationaliser et mettre cela sur le dos de l’effort qu’elle n’avait pas été préparé à faire, mais il n’en était rien et elle le savait. C’était quelque chose de puissant, d’infiniment touchant qu’elle venait d’observer, et de ressentir presque, aux premières loges. Ça n’avait rien à voir avec les accouchements où ne voyait le visage de la femme que quelques secondes. Elle avait tout vu, tout entendu de ses efforts, des instructions fermes mais douces de Yaara. Bien qu’elle n’avait jamais eu d’enfants, elle avait l’impression de comprendre un peu plus ce soulagement et cette plénitude qui s’étaient peints sur le visage de Sari alors qu’elle accueillait son enfant violacé dans ses bras exténués. La chirurgienne se sentait elle même vidée, alors qu’elle n’avait presque rien fait. Était-elle trop faible pour apprendre le métier de sage-femme ? Jamais elle n’aurait imaginé que les processus demandait autant de robustesse… Mais ils étaient à Dust, elle oubliait sans cesse de s’endurcir. Lorsque le poids de Sari avait été ôté de sur ses épaules, Apollonia dut faire l’effort conscient de ne pas vaciller mais resta debout, de peur de ne plus vouloir se relever par la suite. La franche tape dans le dos que Yaara lui asséna manqua de l’envoyer aussi les genoux dans le sable, ce qui la fit s’exclamer avant qu’elle se saisisse de son visage, trop pâle selon ses dires. Ce n’était pas la vue du sang, mais bien un épuisement qu’elle ne comprenait pas encore, qui venait peut-être plus de sa volonté de retenir une larme unique que de la force qu’elle avait dû déployer. Son coeur était probablement encore moins solide que ses jambes. Lorsque la Mère libéra finalement son visage, la Terrane effaça toute trace de moiteur sur ses joues endolories d’un revers de manche, se demandant si la vieille femme lui énumérait les qualités requises pour le travail de sage-femme pour le plaisir ou parce qu’elle avait encore, mystérieusement, deviné ses intentions.

    Elle fut toutefois rassurée en l’entendant dire qu’elle avait fait du bon travail. La jeune femme ne se rappelait plus la dernière fois qu’on lui avait servi ce genre de reconnaissance, elle ne s’était jamais admis à quel point elle en avait besoin. Elle ne se fit pas prier pour renifler les sels qu’on lui offrit, admettant encore une fois que cela fonctionnerait mieux qu’elle ne l’aurait cru. Elle arqua toutefois un sourcil dubitatif en entendant qu’il y aurait suite. Pourtant, le bébé était né, n’était-ce pas la fin ultime du processus ? Elle voulut lui demander ce qui pouvait bien rester à faire, mais se rappela qu’elle ne s’était même pas présentée avec toute l’action de la tente. « Je n’ai pas eu le temps... », commença-t-elle, ne sachant pas trop comment formuler ce qu’elle voulait dire. Elle décida alors d’abandonner et d’aller droit au but. Son aplomb retrouvé, elle s’annonça presque solennellement: « Je m’appelle Apollonia Ward et j’aimerais apprendre ». Mère Shaushka comprendrait sans doute qu’elle faisait référence à ce qu’elle venait de faire, mettre au monde un bébé au milieu du désert. « Je suis médecin », ajouta-t-elle finalement, comme si elle devait montrer une lettre de recommandation à la vieille femme borgne. Elle regretta quelque peu d’avoir mentionné ce détail, de peur de sembler arrogante, elle qui ne savait que trop bien que ce titre avait perdu pour elle tout prestige depuis longtemps. Peut-être avait-elle précisé cela pour prouver qu’elle était sérieuse et éviter qu’on ne lui montre la porte.
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    D'un œil critique, elle observait son corps reprendre des couleurs grâces aux seuls et au repos suite à l'effort physique. Yaara n'avait jamais caché à quel point il était exténuant de faire naître des enfants, chacune des femmes présentes étaient là pour faire unir leur force à l’unisson.  Se massant les mains qui se raidissait avec l'âge, la sage-femme prenait en note chacune des informations qu'elle lui faisait part.
    « — Que tu sois médecin, cuisinière ou fille de joie ou autre, tu peux apprendre, il suffisait d'être une femme et d'avoir de la volonté, c'était les deux seuls et uniques critères qu'elle réclamait. »
    Semblable à une petite souris qui garde ses précieuses miette de fromage, elle rangeait la petite boite de fer, et deux trois objets dans la tente.
    Ce qui ne l'empêchait pas de discuter avec la jeune terrane.
    « — D'où viens-tu sur Terra ? Le réservoir, Eisen, le bateau... silence. J'oublie toujours le nom de ce fichu bateau, Ys ou... Vous avez trop de région sur Terra, j'ai toujours eu du mal à toutes les retenir. »


    Yaara se massait le bas du dos en marchant, le vent monterait ce soir lui indiquait son vieux corps. Les genoux c'était la pluie et le dos le vent. Le campement devra rentrer les batteries de cuisines pour la nuit et veiller à bien sécuriser les enclos pour éviter que des têtes du bétails s'enfuissent.
    « — C'est toujours bon d'avoir un médecin sur Dust, elle reprenait en écho murmuré, c'est très bien... »
    Trottinant telle la vieille femme qu'elle était Yaara allait un endroit à un autre, pour fini par se poser au devant de Sari, à accroupi en face d'elle, elle observait le petit être qui était posé sur son sein. Il était dur pour des novices de séparer les deux juste après avoir donner naissance, mais c'était un mal pour un bien. Si le placenta restait dans les entrailles de la mère, elle mourrait. Aussi simplement que cela.
    « — Est-ce que tu es prête à faire des sacrifices pour apprendre ? la questionnait-elle très sérieusement pour la première fois depuis qu'elle était présente. »
    Un sacrifice n'était pas obligatoirement de sang, il s'agissait d'un renoncement de soi pour une cause ou pour autrui. Qu'il soit douloureux ou non, cela ne revenait qu'à l'intéressée de le savoir et de le vivre comme tel.

    Comme pour appuyez ses propos aux gestes, elle tendait les bras vers Sari pour lui prendre son enfant. Si la première fois la mère c'était questionnée sur la raison de son geste, au bout de la huitième fois, elle connaissait la procédure, comme si c'était elle la sage-femme.
    « — Il est temps Sari. »
    Prenant le nourrisson avec une délicatesse inattendu par rapport à son timbre de voix, elle glissait ses mains sous son corps et soutenait sa tête. Pour autant, elle ne l'observait pas avec cet air qu'on pratiquement toutes les femmes lorsqu'elle voit un enfant qui vient de naître dans leurs bras. Yaara était détachée de tout cela, sans une once de mauvais en elle.
    La sage-femme remettait la petite fille à une femme pour qu'elle puisse s'en occuper jusqu'à ce que la délivrance ait eu lieu. C'était à nouveau le même manège qui se reproduisait, mais cette fois pour une poche de sang.
    Yaara n'obligeait pas la jeune Apollonia à porter à nouveau la femme enceinte, à la place, elle lui demandait de l'observer sans la déranger pendant son travail.
    « — Qu'as-tu retenues de la journée ? lui demandait-elle alors qu'elle récupérait le placenta entre ses mains, suite à une poussée de Sari, Et voilà ma grande, nous irons le cuisiner pour toi et le bébé. »
    Cuisiner le placenta et le manger donnait beaucoup de protéines et de forces idéals, après un accouchement et finalement Sari pourrait profiter de sa petite fille couchait à l'abri dans la tente rouge.

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    Re: Baklava ; ft. Yaara ShaushkaMessage par Contenu sponsorisé